Les dix lieux les plus pollués de notre planète - retour sur dix catastrophes environnementales

Catastrophe environnementale de notre planèteLe classement, publié mardi par le Blacksmith Institute en partenariat avec la Croix verte internationale, une ONG à but environnemental créée par Mikhaïl Gorbatchev, répertorie les dix sites les plus pollués de la planète. Un triste palmarès dont le premier critère de sélection est l'impact sanitaire des pollutions d'origine industrielles sur les populations locales. Ces lieux se répartissent sur quatre continents. L'Afrique noire et l'Asie du sud-est restent les régions les plus souvent nommées. Par pays, la Russie et l'Indonésie arrivent en tête. Article écrit par Romain David, Publié le 06/11/2013 dans le journal Le Figaro.

Agbogbloshie, Ghana, catastrophe environnementale 1

C'est probablement là que finiront vos vieux PC ou téléphones portables. Surnommé la «Poubelle de l'Occident», Agbogbloshie, dans la banlieue pauvre d'Accra, la capitale du Ghana, est aussi grande qu'un arrondissement parisien. C'est l'une des plus grande décharge de la planète. Ici se retrouve une grande partie de nos déchets électroniques : ordinateur, téléphones, mais aussi réfrigérateurs ou fours à micro-onde, rachetés par le Ghana, soit l'équivalent de 192000 tonnes chaque année. Une véritable économie parallèle s'y est développée pour ses 40000 habitants. Toute la journée, des jeunes de 10 à 25 ans, escaladent ces montagnes de débris, à la recherche des métaux précieux qui, par exemple, entrent dans la composition des circuits imprimés, et qu'ils pourront revendre.

Tchernobyl, Ukraine, catastrophe environnementale 2

Tchernobyl figure dans ce classement depuis sa première édition en 2007. La catastrophe nucléaire d'avril 1986 a obligé à la mise en place d'une zone d'exclusion d'un rayon de 15 km autour de la centrale et à l'évacuation de 115000 personnes, dont la ville entière de Pripyat, située à 3 km du site. Selon l'OMS Tchernobyl pourrait être à l'origine de 4000 cancers de la thyroïde. Entre 5 et 10 millions de personnes sont toujours menacées par les radiations.

Le fleuve Citarum, Indonésie, catastrophe environnementale 3

Située à l'ouest de Java, dans la province du Bandung en Indonésie, le Citarum présente des concentrations d'aluminium, de fer et de manganèse jusqu'à quatre fois supérieures aux doses recommandées, et ceci à cause des nombreuses industries agricoles qui le bordent. Il irrigue 5% des cultures rizicoles d'Indonésie et sert d'accès à l'eau pour environ 9 millions de personnes. Le gouvernement indonésien a pu débloquer cette année, auprès de la Banque asiatique du développement, 500 millions de dollars pour réhabiliter la zone.

Dzerjinsk, Russie, catastrophe environnementale 4

Située à l'ouest de la Russie, Dzerjinsk fut en son temps la capitale de l'industrie chimique soviétique. Elle fut également utilisée par l'armée comme site de production d'armes chimiques. Entre 1930 et 1998, près de 300000 tonnes de déchets chimiques ont été enfouies dans la campagne alentour. Plusieurs usines sont encore en activité à Dzerjinsk qui compte 245000 habitants. En 2007, les nappes phréatiques présentaient des taux de concentration en dioxine et phénol jusqu'à plusieurs milliers de fois supérieurs à la normale.

Hazaribagh, Bangladesh, catastrophe environnementale 5

Réparties sur à peine 250 hectares, les 270 tanneries d'Hazarigbah, district de Dacca, centre économique du Bangladesh, rejettent chaque jour jusqu'à 22000 litres cubes de produits toxiques hautement cancérigènes dans le Buriganga, la rivière qui traverse la ville. 185000 personnes sont exposées.

Kabwe, Zambie, catastrophe environnementale 6

Également présent dans le premier classement du Backsmith Institute, Kabwe fut un important centre métallurgique et ferroviaire à l'époque de la Rhodésie du Sud. Ses mines de plomb et de zinc ont fermé en 1994 à cause de la pollution. Mais les enfants de la région sont toujours menacés par le saturnisme, la présence de plomb dans leur sang pouvant atteindre jusqu'à quarante fois le seuil limite indiqué.

Kalimantan, Indonésie, catastrophe environnementale 7

L'or des rivières du Kalimantan, au sud de Bornéo, attire les chercheurs. La région a ainsi vu se multiplier les exploitations artisanales et illégales, utilisant généralement des techniques obsolètes et très polluantes, avec des rejets importants de mercure. Les taux y sont jusqu'à deux fois plus élevés que dans le reste du pays. Le 10 octobre 2013 le gouvernement indonésien a signé la convention internationale de Minamata, aux côtés de 92 pays par laquelle il s'engage à lutter pour réduire les émissions de mercure.

La rivière Matanza, Argentine, catastrophe environnementale 8

Dans la province de Buenos Aires, le Matanza, traversant 14 municipalités sur une soixantaine de kilomètres, est bordé de nombreux fabricants de produits chimiques, dont la plupart rejettent leurs déchets dans la rivière. Ces produits seraient responsables de plus d'un tiers de la pollution des eaux. Sur les 20000 habitants de la région, on estime que 60% d'entre eux vivent dans des zones impropres au développement humain.

Le delta du fleuve Niger, Nigéria, catastrophe environnementale 9

Le delta du Niger, à l'ouest du continent africain, s'étire sur 70000 km² et voit se concentrer une grande partie des 170 millions d'habitants du Nigéria. Avec un sous-sol riche en pétrole, il accueille un réseau important et relativement vétuste d'exploitations pétrolières qui ont produit, en 2012, 2 millions de barils par jour. Les nombreuses fuites des pipelines donnent aux eaux du troisième plus grand fleuve d'Afrique des reflets colorés. Plus grave, le pétrole peut provoquer des cancers et causer l'infertilité. La pollution aurait également réduit de 60% la sécurité alimentaire dans la région.

Norilsk, Russie, catastrophe environnementale 10

Ancien goulag, la ville industrielle de Norilsk, au nord du cercle polaire, faisait elle-aussi déjà partie du classement de 2007. Staline en avait fait l'un des plus grands centres miniers de la planète, notamment en ce qui concerne le nickel. Prés de 500 tonnes d'oxydes de cuivre et de nickel, et jusqu'à deux millions de tonnes de dioxyde de souffre, sont libérées chaque année dans l'atmosphère de Norilsk. L'espérance de vie, pour les travailleurs de l'industrie métallurgique et minière, y est de 10 ans inférieure au reste du pays, soit une soixantaine d'années.Article écrit par Romain David, Publié le 06/11/2013 dans le journal Le Figaro.

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